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2 ans d’écriture

3 artistes-auteurs

3 comédiens

2 slammeurs

2 historiens

1 sculpteur

40 installations et performances artistiques

50 riverains participants

7km et 5 villes traversées

1000 spectateurs-randonneurs

6 partenaires financiers

12 partenaires logistiques

1 projet d’affiches avec des 3ème

8 groupes accompagnés issus des villes traversées

Départ à Levallois

cabane

Au square Victor Hugo, une cabane d’accueil attendait le randonneur. Tenue par un médiateur, chaque personne recevait un plan, une carte de fidélité valable pour les prochains parcours et de précieux conseils sur les bons plans du jour.

En quittant la cabane, le spectateur entamait le parcours par la rue Victor Hugo pour se diriger vers Clichy. Entre chasse au doudou, dont plusieurs indices se cachaient dans la rue, et propositions de révélation des traces : la partie de Levallois introduisait le propos de cette création : encadrer le réel, faire du récit un mythe de la réalité.

Participants : Le magasin Cycles et sport Alex Singer, le garage Renault, la Laverie Victor Hugo, Mr et Mme Juvigny du Café Victor Hugo.

Les difficultés de collaboration avec la Mairie de Levallois ne nous ont pas permis l’installation de la totalité des œuvres prévues, notamment en matière d’affichage.

A Clichy, le Monte-Charge

monte_charge

En arrivant à Clichy, les spectateurs-randonneurs étaient invités à reconstruire les morceaux d’un film noir des années 50 tourné dans cette rue il y a plus de 50 ans : Le Monte-Charge. Une affiche originale sur le panneau à l’entrée de la rue mettait tout de suite le spectateur dans le bain. A la cabine téléphonique, un coup de fil leur donnait quelques indices pour la suite. Puis une série de lieux : le Stop Bar, le Coiffeur, Route 66 pizza, le hall du n°15 et le garage Attia accueillait des installations sonores et visuelles recréant des scènes du film. Deux comédiens : un professionnel et un riverain jouait quand à eux des personnages du polar dans les différents endroits de la rue. Une ambiance sonore diffusée en extérieur plongeait véritablement les spectateurs dans les années 50.

Autour de cet univers, nous avions laissé la place à Jean-Michel Tondeux accompagné par quelques habitants pour donner à voir et à entendre la mémoire du quartier.

Un travail avec les troisièmes du collège Van Gogh avait donné lieu à la réalisation d’affiches sur le thème du Monte-Charge, elles accompagnaient cette collecte de mémoire.

Une réelle complicité est née à Clichy entre les habitants et l’équipe de Witness/N14. Les commerçants tenant les lieux d’installations sont devenus de vrais complices des comédiens, jouant avec eux des scènes du film. Les habitants ont largement contribués à la réussite de cette étape, ils sont appropriés le projet. Nous avons senti l’importance d’une telle action dans un quartier qui va bientôt disparaître pour raison de rénovations urbaine. De nombreuses histoires de complicité resteront pour nous des moments forts :

- Lionel Duret, habitant de longue date nous prêtant sa ligne 100 volts et nous aidant à la monter et démonter.

- Jean-Michel Tondeux, militant local, racontant avec enthousiasme pendant 4 jours l’histoire de son quartier : des impressionnistes aux industries.

- Loulou, habitant du n°15 blaguant avec les techniciens en insérant de vieilles photos des années 50 de lui-même dans les installations pour les scènes du film.

- Mohammed du Stop Bar scotchant vigoureusement les textes du film dans son bar, pour que ça tienne bien.

- Monique Baudet, habitante, nous prêtant toute sa collection de livres sur la région pour les besoins de nos collectes et installations

- Christian Boucher assurant avec brio pendant 4 jours le rôle du commissaire avec un comédien professionnel

La Mairie de Clichy par l’intermédiaire du service Démocratie locale a été fortement impliqué en terme de relation avec les habitants et de logistique. Un soutien sans faille nous a été donné par Tania Tran Binh, chargée de mission sur le quartier et Marie-Claude Fournier, son élue.

A Asnières, Are you ready boots ?

pied

Alors que Lucien Maillard, historien, vous accompagnait en vous racontant la grande Histoire, vous vous dirigiez lentement vers le carrefour de la rue Gallieni, Grande rue Charles De Gaulle et l’avenue d’Argenteuil. Là, un habitant de longue date vous accueillait sur le passage piéton, son grand-père tenait le bac, joué par Pascal Laurent, comédien. A l’hôtel de la Poste, Mohammed vous a préparé du thé à la menthe, il reçoit dans son salon. A l’étage, au milieu des habitations se glissent deux chambres, celle du pied qui tranquillement ronfle tout son saoul, et celle de l’écrivain mystérieux que certains d’entre vous auront reconnu.

En face, Mme Prago vous racontait l’histoire de sa papeterie, elle avait appris son texte par cœur. Un peu plus loin, le très dynamique Mr Lanore avait transformé sa librairie en salle des pas perdus, auteurs, slammeurs et photographes se sont croisés tout au long des quatre jours.

Un peu plus loin sur l’avenue, Lilian d’Avivue vous redonnait le chemin, mais le vieux chemin, celui que l’on a découvert il y a longtemps. Quelques enjambées plus loin, le garage Dekra vous recevait pour visionner la vidéo liée à l’installation des chaises juste en face. Vous avez eu de la chance car il avait fait acheté une cafetière exclusivement pour vous.

Quatre Routes : Au port des Quatre Routes

CONTENEUR

Le carrefour des Quatre Routes, limite entre Asnières, Colombes et Bois-Colombes est lieu de passages où trois cafés se font face. C’est ici que les 3 artistes de Witness/N14 ont passé beaucoup de temps, s’immisçant petit à petit, s’insérant dans le quotidien, devenant petit à petit des visages connus… Cette posture construite permit la réalisation d’un film avec 30 personnes vivant aux Quatre Routes. Pendant 6 mois, le carrefour fut le théâtre de l’écriture puis du tournage d’un court métrage de 20 min sur les moments vécus par un certain nombre d’entre eux, lorsque qu’un renouvellement de quartier les a poussé à changer de logement.

Pendant les 4 jours de la randonnée, le film monté et finalisé était diffusé dans un conteneur de bateau réaménagé en salle de projection et prêté par le Port Autonome de Paris. Ce conteneur a été conçu par Expobox. Nous l’avions installé sur la place du marché des Quatre Routes. Les personnes avec qui nous avions fait le film ne savaient pas tellement à quoi s’attendre, ils nous attendaient même un peu au tournant. Lorsque nous avons mis en place le conteneur accompagné par les photos plateaux et quelques autres œuvres sur le carrefour, ce fut carrément un succès. Nous faisions des séances en continu et très vite le bouche à oreille a fonctionné dans le quartier et très vite c’était complet en quasi permanence, randonneurs d'un jour et habitants de toujours se croisant dans le conteneur. Les personnes participantes ont toutes été agréablement surprises. Le fait que cela fasse « vrai film » était extrêmement important. La reconnaissance auprès de l’équipe artistique fut très forte.

Gennevilliers : Les Ours de Louis Seguin

MUR

Quelques centaines de mètres plus loin, après avoir visiter Colombes laverie et ses photos portraits, les spectateurs-randonneurs arrivaient vers la SNECMA. Sur la gauche, le café Valmy montrait une série photo de cette zone industrielle et bucolique. Plus loin, sur les quais de Seine, le long du mur de la SNECMA, les travailleurs sont à l’affiche. 10 portraits de salariés jalonnent la descente vers le comité SNECMA, ils sont retravaillés avec les codes du rap et du slam. Ce traitement d’image fait écho aux slammeurs, Lyor et Rouda, qui dans la cour du comité slamment sur les témoignages de ces mêmes salariés. Un film court sur le militantisme est projeté dans une salle, tandis que le Marcheur, installation interactive emmène les plus courageux à Rouen. Autour d’une "tisane remontante" bien chaude venue tout droit de la Réunion (+ d'infos), les spectateurs finissent donc ce parcours au son de la parole précieuse des travailleurs d’une usine qui a participé à la fabrication de la banlieue tout juste traversée.